SPI 22 - Spirale des Oiseaux, La Chaux-de-Fonds NE

Années 2022
Tailles L
Client Naef Participation Financières SA - p.a. Sioux Immo SA
Coût 48 Mio.
Architectes IPAS Architekten und Planer AG
Typologies Habitation
Statuts En cours
Commission Wettbewerb 1. Preis
© Visualisations Tegmark
Team Ott Eric
Egger Michel
Coray Natacha
Rosset Jim
Marques Bryan
Diserens Mai Linh
Lieu La Chaux-de-Fonds NE

Information

Programme:

Typologie des "rues en l’air" Plus que jamais la vie sociale est devenue un enjeu urbain. Les gens s’absentent du monde réel en s’entoilant dans le monde virtuel, un territoire limité et unique révalant l’individualisme. La coursière rend la façade plus narrative, la scène devient moins incarnée par une certaine neutralité. Elle fait de cet espace un lieu commun, le premier lieu collectif afin que les rencontres se fassent. Habiter la ville suppose de rapprocher les individus, de les juxtaposer, de les superposer, ... Les études sociologiques ont permis une prise de conscience ; l’habitat ne se réduit pas seulement aux limites de l’appartement, mais s’étend au-delà. L’immeuble collectif est à la fois le lieu de l'intime et celui de la collectivité. L’articulation entre ces deux mondes mérite donc une attention toute particulière. Les typologies à coursives étaient déjà un sujet pour les protagonistes du Mouvement moderne; elle fait partie du patrimoine de l’habitat rationnel. L’usage de la coursive a été considéré comme une excellente alternative à la typologie courante d’appartements desservis par une cage d’escalier centrale. Elle est en parfaite adéquation avec les conditions de ‘l'existence minimum’ et a légitimé des réalisations faites par W. Gropius en Allemagne, des bâtiments menés par le Bauhaus à Dessau-Torten ou encore des bâtiments à Stroikom ou du Narkomfin en Union Soviétique etc… Même l’enfant de La Chaux-de-Fonds, Le Corbusier met en place les "rues en l’air" qu’il assimile à "des distributions de villas" deviennent une constante dans ses logements collectifs. Une distribution qu’il justifie dans sa ‘théorie de l’architecture : « La rue n’est plus forcément au pied de la maison, elle est la ‘rue en l’air’ nécessaire pour des raisons économiques, hygiénistes et sociales. » Ici la coursière dépasse le simple enjeu de la flexibilité. Elle est également l’interface donnant l’accès aux logements et à l’autre. Elle est la manifestation de tous les possibles ; cet espace intermédiaire qui prépare à la rencontre et au réveil des sens. Souvent faussement décriée, elle a fait récemment l’objet d’études démontrant sa capacité à répondre aux nouveaux désirs sociaux des nouvelles générations La coursive dans l’habitat collectif contemporain - Manon Marchadour). D’ailleurs la prolifération des typologies à coursives dans les régions alémaniques témoigne de cette tendance. Cette constellation spatiale apparaît comme un dispositif proposant le juste compromis aux enjeux antagonistes que pose l'immeuble collectif et la taille des habitats souhaités. C’est également la typologie permettant le mieux s’approprier un chez-soi (entrée individualisée) dans un collectif imposé.

Description:

Un projet plus intégratif La règlementation impose l’orde continu. Aussi le projet est conçu comme une grande maison, qui réagit aux contraintes géométriques du site en se pliant, s’articulant, s’inclinant pour répondre à la fois à la nécessité de la densification recherchée et à la double affectation PPE/location qui implique une identification résidentielle. Cette composition trouve un écho avec les bâtiments maçonnés du tissu avoisinant et les cours qui résultent des plissures permettant le prolongement des paysages. Entre présence forte et bienveillante le bâtiment instaure un dialogue entre nature et bâti ; une attitude qui prend le contre-pied du mouvement moderne qui s’imposait au milieu de vastes sites. Le projet développe un urbanisme de l’accueillance et propose une dimension sensuelle de l’architecture qui s’oppose à l’objet solitaire. Il recherche une cohérence spatiale en proposant des mouvements à travers son espace afin de lier les gens au lieu et au bâtiment. Au lieu de faire du bâtiment un support à habiter, il devient un organisme vivant, qui entrelace les vies, les lieux, les temporalités. Sa volumétrie associe le dehors et le dedans et casse ainsi le front de façade, symbole de rupture entre l’homme, la nature et le lieu. Des Forges à la Modernité A partir du XXème siècle La Chaux-de-Fonds s’est agrandi essentiellement au nord-ouest où l'ensoleillement est optimal. En revanche, l'autre versant de la ville s’est assez peu développé. Durant les 30 glorieuses, La Chaux-de-Fonds connaît l’une des périodes les plus prospère de son histoire. Sa population atteint son maximum, nécessitant un changement de physionomie : zones industrielles et commerciales, quartiers de villas individuelles et d’immeubles collectifs proto-brutalistes (un terme qui vient de 'béton brut sauvage, naturel et primitif’) comme ceux des Forges. Ce projet est conçu de façon à l'ancrer dans l’héritage brutaliste tout en l’inscrivant dans l’expression formelle des forges. Ce contexte culturel donne ainsi lieu à une recherche typologique et architecturale originale permettant de l’intégrer au contexte existant. La relation avec ce contexte permet de maintenir intacte la cohérence d’ensemble du quartier des Forges, tout en lui offrant une réponse articulée et sensible. Les émergences verticales résonnent avec les cheminées des forges. Ces grandes piles situées en périphérie du bâtiment dessinent et rythment la façade extérieure. Cette qualification des espaces de transition en alcôves extérieures, permettent d’abriter des fonctions variées, de diversifier les expériences, d’offrir un seuil de privacité entre la coursive et le logement ainsi que d'affirmer la primauté des piles verticales dans la composition.